Intervention en cas de catastrophe

Intervention en cas de catastrophe

Offrir son aide en cas de catastrophe

En 2017, dans l’hémisphère occidental, les changements climatiques ont donné lieu à des catastrophes naturelles comme on n’en avait pas vu de mémoire récente.  Il y a eu les importantes inondations printanières dans les collectivités le long du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent, les feux de forêt déchaînés en Colombie-Britannique et en Californie, ainsi que la dévastation laissée dans le sillage d’une des plus violentes saisons des ouragans jamais enregistrée dans les Caraïbes et le sud des États-Unis.  Soit nous nous remettons nous-mêmes de ces catastrophes, soit nous compatissons avec tous ceux qui se retrouvent aux prises avec les dégâts.  Ces événements climatiques reçoivent beaucoup d’attention de la part des médias, ce qui rehausse notre lien émotionnel avec les personnes touchées et incite plusieurs d’entre nous à trouver une façon de les aider.

Aucune situation de gestion de catastrophe ou de rétablissement ne ressemble à la précédente.  Les facteurs qui entrent en compte incluent le délai entre l’avertissement transmis à la collectivité et la catastrophe comme telle; l’état de préparation des citoyens (par ex., réserves d’eau potable et de nourriture); l’infrastructure d’urgence (par ex., abris en cas d’ouragan); et le degré de capacité et de coordination des services locaux d’intervention en cas d’urgence (par ex., services de police et d’incendie, abris, organismes de bienfaisance, ONG, ministères gouvernementaux, etc.).  Par ailleurs, le type d’intervention nécessaire change au fur et à mesure que progresse la situation d’urgence.  Par exemple, le temps de préparation à un ouragan, l’arrivée de l’ouragan, l’aide offerte sur-le-champ aux personnes en danger, l’aide offerte aux personnes qui se réfugient dans un abri après un ouragan, la contamination de l’eau et les dommages causés à l’alimentation électrique exigent des compétences différentes et un leadership changeant de la part des organismes d’intervention en cas d’urgence.  Même si leurs intentions sont bonnes, les organismes et les particuliers qui ne font pas partie de l’effort coordonné peuvent en réalité nuire à la capacité de rétablissement.

Quand devriez-vous vous rendre sur les lieux d’une catastrophe pour offrir votre aide?

Les personnes qui souhaitent faire du bénévolat lors d’une situation d’urgence doivent tenir compte des besoins changeants des organismes de coordination.  Habituellement, ceux-ci préfèrent recruter des personnes déjà formées.  Par exemple, selon Volunteer Florida, les bénévoles qui souhaitaient apporter leur aide immédiatement après le passage de l’ouragan Irma dans cet État en septembre dernier devaient avoir suivi une formation sur la gestion des abris et obtenu une vérification de leur casier judiciaire.  Aussi, suivant les inondations du mois de mai à Montréal, le bureau local de la Société canadienne de la Croix-Rouge a publié sur son site Web qu’il devait de toute urgence recruter des bénévoles ayant suivi une formation sur la gestion des catastrophes.  Bien entendu, les organismes de coordination sont souvent sollicités pour rassembler des intervenants d’urgence formés (par ex., pompiers ou policiers) ou du personnel médical (par ex., médecins et infirmières, ou encore un plus grand nombre de personnes possédant les compétences exigées et dont la formation sur les situations d’urgence est transférable).  Bref, à moins d’avoir suivi la formation demandée par les organismes de coordination, ne vous déplacez pas.  Non seulement vous risquez de nuire aux efforts, mais vous pourriez également vous retrouver en danger, ce qui ne ferait qu’empirer la situation.

Comment puis-je aider lorsque je me retrouve dans une situation d’urgence?

Manifestement, la force derrière le rétablissement d’une collectivité réside dans les efforts des résidents qui s’entraident et travaillent ensemble.  Le fait de ne pas avoir suivi de formation auprès de la Croix-Rouge n’a pas empêché les résidents de Gatineau et de l’île de Toronto de remplir des sacs de sable pour protéger les maisons de leurs voisins le printemps dernier.  En outre, il arrive que les unités d’intervention d’urgence demandent aux résidents d’unir leurs efforts.  Toutefois, selon la situation, vous pourriez également être tenus d’évacuer votre demeure.  Les interventions et le rétablissement dépendent en grande partie de la volonté de chacun de collaborer avec les organismes de coordination dont l’expérience permet d’établir les priorités et d’assurer la sécurité de tous à mesure que la situation progresse.  Bref, dans toute situation d’urgence, n’hésitez pas à aider vos voisins selon vos capacités, mais respectez les consignes des organismes de coordination et des autres groupes d’intervention d’urgence.

Devrais-je faire parvenir de la nourriture, des vêtements ou d’autres articles jugés utiles?

Encore une fois, cela dépend de la situation.  Dans certains cas, on doit détruire ou laisser pourrir certains dons inutiles, car ils ne font que prendre de la place.  « C’est désolant » affirme Juanita Rilling, ancienne directrice du Center for International Disaster Information situé à Washington.  « C’est désolant pour le donateur, pour les organismes de secours et pour les survivants.  C’est pourquoi les dons en espèces sont beaucoup plus efficaces.  Ils permettent d’obtenir exactement ce dont les gens ont besoin au moment où ils en ont besoin. »  Les demandes relatives aux articles souhaités sont habituellement formulées par les organismes de bienfaisance locaux, mais elles peuvent également provenir des organismes de coordination.  Selon la distance à parcourir, les frais d’envoi sont souvent comparables à la valeur des articles, mais ils peuvent excéder celle-ci.  Le fait d’unir ses efforts avec d’autres groupes, surtout ceux qui sont associés aux organismes présents dans les zones sinistrées, peut permettre de réduire les coûts.  Enfin, comme le suggère Mme Rilling, faire un don en espèces permet d’acheter exactement ce qui manque et contribue souvent aux efforts de rétablissement commercial grâce à l’approvisionnement auprès d’entreprises locales.  Si vous avez de la famille, des amis, des connaissances, un groupe confessionnel ou toute autre affiliation dans une zone sinistrée, il est parfois très efficace de leur envoyer de l’argent par virement télégraphique.  Bref, renseignez-vous auprès des organismes de secours situés dans les zones sinistrées afin de connaître leurs besoins et évitez d’envoyer des articles non demandés.  Pensez à envoyer de l’argent afin de maximiser l’utilisation des ressources.

Les 3 C de l’aide en cas de catastrophe

Lorsque nous ressentons la peine des personnes touchées par une catastrophe et souhaitons les aider de manière significative, nous devons mettre de côté nos suppositions et nous renseigner sur ce dont les experts ont réellement besoin.  Publiée à la suite du passage de l’ouragan Irma en septembre dernier, la liste des 3 C de Volunteer Florida constitue un sommaire des façons d’apporter son aide en cas de catastrophe :

Comptant : un don en argent comptant aux organismes de secours est toujours la façon la plus immédiate, utile et polyvalente d’aider.  En effet, l’aide financière permet à ces organismes de répondre à leurs besoins les plus urgents.

Confirmation : confirmez les besoins dans les zones sinistrées avant de recueillir ou de faire parvenir des articles.

Connexion : les bénévoles sont essentiels à toute intervention humanitaire bien coordonnée et dotée de ressources suffisantes.  Toutefois, tout bénévole potentiel doit confirmer qu’on a besoin de lui avant de se rendre dans une zone sinistrée.  Ne prenez pas l’initiative de vous y rendre sans avoir préalablement confirmé le besoin en matière de bénévoles.